Je souhaite que nous soyons la dernière génération à partager des histoires #metoo

L'auteur Inês Gonçalves est une déléguée de fille portugaise et de CSW qui a représenté l'AMGE aux Nations Unies en 2018.

Avant que la campagne #metoo (#balancetonporc) ne devienne virale en 2017, peu de personnes s’exprimaient sur le harcèlement sexuel. Tout d’un coup, des personnes influentes d’Hollywood issues de l’industrie de la musique ont partagé leurs histoires personnelles. Tant de personnes, notamment des femmes, ont eu des expériences similaires. Alor que l’attention des médias s’accroissait, j’ai commencé à entendre des personnes dire, “oh, alors maintenant tout le monde est une victime. ”

Des gens se sont tournés vers moi, au vu de ma prise de position en tant que féministe, s’attendant à ce que je réponde. Au début, c’était difficile, car je ne pensais pas avoir assez d’expérience pour prendre position sur ce sujet.

J’ai toutefois réalisé, qu’en tant que guides, ce qui affecte l’une d’entre nous affecte toutes les autres.

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Dans un récent sondage U-Report, 78% des filles ont déclaré que la violence sexuelle contre les femmes et les filles était en augmentation dans leurs communautés. On estime que 50% des agressions sexuelles sont commises contre des filles de moins de 16 ans. La menace de harcèlement sexuel empêche 53% des filles d’étudier ou de participer à des activités.

Ces chiffres sont terribles, mais ce qui est plus difficile encore c’est de penser à l’histoire personnelle qui se cache derrière chacun de ces chiffres. Certaines d’entre nous sont peut-être des victimes et d’autres ont vu ce qu’une autre personne a subi.

Au final, nous connaissons toutes des histoires sur le harcèlement sexuel.

Le thème de la Journée internationale de la jeunesse cette année est “Des espaces sûrs pour les jeunes”. Depuis le tout début, le Guidisme a fourni aux filles et aux jeunes femmes des espaces sûrs pour faire entendre leur voix et se soutenir mutuellement.

"Au final, nous connaissons toutes des histoires sur le harcèlement sexuel."

Ines

Je suis guide depuis l’âge de sept ans. Ma patrouille a évolué avec moi. Nous nous sommes aidées mutuellement à chaque étape de notre vie. Nous avons créé ces liens de confiance et d’amitié indéfectibles qui nous ont permis de tout partager ensemble, en particulier les mauvaises expériences.

Quand je suis devenue leader, j’ai voulu tissé ces mêmes liens étroits avec mes guides. Je crois sincèrement que ces liens intergénérationnels solides font du Guidisme l’espace le plus sûr pour les filles dans le monde.

En mettant en œuvre le programme Stop à la violence, j’ai pris conscience de la puissance de ce réseau. Nous avons éduqué les filles sur la violence fondée sur le genre, les relations malsaines et les inégalités fondées sur le genre. Cela n’a été possible que grâce aux liens étroits qui nous unissaient. Nous avons pu partager nos expériences, écouter leur vécu sans porter de jugement et être les personnes vers lesquelles elles se tournent pour obtenir de l’aide.

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Outre s’entraider les unes les autres et créer des espaces sûrs, nous pouvons aussi agir.

En tant que déléguée à la CSW, j’ai constaté le pouvoir incroyable que constitue le fait de faire entendre nos voix. Notre équipe était déterminée à envoyer un message fort à tous les pays. Nous représentions un Mouvement mondial fort de 10 millions de filles qui transforment des communautés et réclament le changement.

J’ai pris la parole devant une large audience réunie dans l’une des salles principales de la Conférence aux Nations unies sur la violence fondée sur le genre. J’ai raconté comment les filles sont gravement affectées, mais aussi comment elles veulent faire partie de la solution. Nous devons créer des espaces plus sûrs pour les filles, dans les espaces publics, dans leurs propres foyers et en créant des communautés comme les unités de guides. Ceci contribuera grandement à mettre un terme aux systémiques envers la dignité et la vie des filles.

"Je souhaite que nous soyons la dernière génération à partager des histoires #metoo."

Ines

A la fin des négociations, un paragraphe spécifique a été ajouté au document final et où il était déclaré que les Membres “intensifieraient les efforts pour prévenir et éliminer la violence et le harcèlement sexuel”.

Le paragraphe peut être certes un petit paragraphe, mais c’était quelque chose pour lequel nous avons déployé tant d’efforts. C’était une étape très importante que les Nations unies reconnaissent la nécessité de lutter contre le harcèlement sexuel contre les filles.

Je souhaite que nous soyons la dernière génération à partager des histoires #metoo.


Ce blog a été écrit pour soutenir la campagne de la Journée internationale de la jeunesse # SafeSpaces4Youth. Cliquez ici pour en savoir plus sur la campagne des 16 jours d'activisme à venir pour apprendre comment défendre ces espaces.

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