Voilà pourquoi les filles doivent être fières de leurs menstruations

Gênées, dégoûtées et désemparées, voici les termes souvent utilisés par les jeunes filles pour décrire le sentiment qu’elles éprouvent à l’apparition de leurs premières menstruations. Cependant, grâce au Mouvement des Filles YESS de l’Association mondiale des Guides et des Éclaireuses, les garçons et les filles apprennent pourquoi elles peuvent être fières de leurs menstruations et pourquoi les mythes associés aux menstruations doivent être bannis. Ici, les filles parlent librement et courageusement de leurs premières menstruations, pendant que les garçons révèlent leur volonté de les soutenir

Maureen WAGGGS
'Les menstruations ne devraient pas nous empêcher d’aller à l’école, nous avons le droit à l’éducation'
Maureen, 13 ans, Guide du Kenya (deuxième à gauche)
Mes premières menstruations sont apparues l’année dernière. J’avais quelques connaissances sur la question, mais elles sont arrivées si soudainement que j’en ai été bouleversée. J’étais dégoûtée et j’avais peur que les enfants puissent se moquer de moi. J’en ai parlé à ma mère, qui m’a dit de ne pas avoir peur. Elle m’a dit que je devais en être fière, même si je n’étais pas capable de faire certaines choses.
Je me rappelle qu’une fois, ma cousine et moi avions prévu d’aller nous baigner, mais le lendemain matin, mes menstruations étaient apparues. Je ne savais pas quoi faire, et je suis donc restée à regarder ma cousine nager. C’est injuste que les filles ne puissent pas prendre part à certaines activités au moment de leurs menstruations. Dans certains cas, les filles sont dans l’impossibilité d’aller à l’école, mais les menstruations ne devraient pas empêcher les filles d’aller à l’école. Nous avons le droit à l’éducation.
Les Chefs Guides nous ont beaucoup soutenues. Elles nous ont appris comment utiliser les serviettes hygiéniques et comment se préparer à nos premières menstruations. Je suis moi-même Guide et j’apprécie vraiment de faire partie du mouvement. Ce qui est bien, c’est qu’il nous montre que la vie n’est pas forcément si grave. Dans le passé, au Kenya, les filles n’existaient que pour être vues, mais pas entendues, aujourd’hui, les filles ont la chance d’être Guides et de pouvoir interagir avec les autres. Être Guide me rend heureuse. 


Peruth'On m’avait dit que si un garçon touchait une fille pendant ses menstruations, elle tomberait enceinte'

Peruth, 16 ans, Guide en Ouganda

J’avais 14 ans quand cela m’est arrivé. J’ai commencé à ressentir des douleurs au ventre au milieu de la nuit. Je me suis levée pour aller aux toilettes, mais rien ne s’est produit.

Je suis retournée me coucher, mais la douleur persistait. Après un certain temps, je me suis endormie et me suis réveillée le lendemain matin dans mon lit tâché de sang.

Même si ma mère m’avait déjà parlé de la menstruation, j’étais prise au dépourvu. Je n’étais pas prête et j’aurais voulu que cela arrive plus tard. Ma sœur m’a rassurée en disant que tout allait bien, et m’a montré comment utiliser les serviettes hygiéniques.

Mon cauchemar a commencé quand j’avais mes menstruations à l’école. J’avais peur de jouer avec mes amis, au cas où ma serviette hygiénique tomberait et que je serais la risée de tous. Quand j’avais mes règles, je le gardais pour moi. Mes amies me demandaient si tout allait bien, et je leur mentais en répondant que je n’avais tout simplement pas envie de jouer. On m’avait dit que si un garçon touchait une fille pendant ses menstruations, elle tomberait enceinte, donc, quand un garçon essayait de me parler, je devenais méchante même s’il n’avait pas de mauvaises intentions.

Cela fait deux ans que je suis heureuse de ne plus me sentir traumatisée par mes menstruations. En devenant Guide et grâce au Programme YESS, j’ai appris comment gérer cette période de menstruations, et comment je peux en être fière. Je me sens maintenant plus confiante. Je sais que c’est une expérience de vie normale pour chacune des femmes et qu’on ne devrait pas s’empêcher de vivre à cause de cela.    




Rial and Emmanuel


'Nous ne voulons pas que les filles aient honte de leurs menstruations'

Emmanuel, 13 ans, foulard rouge

L’idée de rejoindre la campagne #MyPeriodMyPride menée par les Guides du Kenya, m’enthousiasmait en pensant au nombre de filles que j’ai vu changer au moment de l’apparition de leurs menstruations. Elles remarquent des changements au niveau de leur corps, elles se sentent mal à l’aise et ont le sentiment que personne ne les soutient. Je ne veux pas qu’elles aient honte de cela.   Dans ma religion, il est interdit aux filles qui ont leurs menstruations de toucher le livre saint. On n’est vraiment pas loin du sentiment de la honte. It est important que les garçons comprennent ce que signifient les menstruations. Beaucoup de garçons comptent des filles parmi leurs amis et membres de la famille, quand elles ont leurs menstruations, ils ne devraient donc pas divulguer l’information à toute la communauté. Ils devraient se taire et se montrer plutôt solidaires.

Rial, 13 ans
Je veux aider les filles pour qu’elles n’éprouvent plus de honte ni peur au moment de leurs menstruations. Je veux les rassurer en disant que cela fait partie du cours normal de la vie, qu’il s’agit d’une phase qu’il faut traverser. Un grand nombre de garçons fréquentent des filles à différents stades de leur vie, par conséquent, s’ils voient une fille traverser un moment difficile, ils ne devraient pas en parler à tout le monde.  Il devrait simplement se taire et faire en sorte qu’elle ne se sente pas mal à l’aise. Nous soutenons les filles pendant leurs menstruations. Je ne veux pas qu’elles aient honte – je veux qu’elles soient fières de leurs menstruations.  


'J’ai dû utiliser mon argent de poche pour acheter des serviettes hygiéniques'
Nassaka, Uganda

Nassaka, 21 ans de Ouganda

J’avais 13 ans quand j’ai eu mes premières menstruations. Je ne savais pas ce qu’il m’arrivait.
Je me souviens avoir souffert de crampes douloureuses quelques jours auparavant. Je n’avais jamais ressenti cela, mais j’ai mis ces douleurs sur le compte de simples maux de ventre.

Lorsque j’ai vu les taches de sang, j’ai cru être blessée. J’ai appelé ma tante et lui ai dit que je saignais. Elle m’a donné des explications sur les menstruations et m’a montré comment utiliser des serviettes. Elle m’a dit que j’étais maintenant adulte et que je ne devais pas m’amuser avec les hommes.

Jusqu’alors, je n’avais reçu aucune information sur la santé et l’hygiène menstruelle. Je n’avais jamais entendu le mot menstruation. Même si les rituels sont courants en Ouganda, ma tante n’y croyait pas.

C’était compliqué d’aller à l’école. J’avais des serviettes hygiéniques disponibles à la maison, en revanche, aucune n’était fournie à l’école. Les garçons ne comprenaient pas les difficultés que cela impliquait pour nous, les filles, et beaucoup pensaient même que nous étions impures. Parfois, comme les crampes étaient douloureuses, il était trop pénible pou moi d’assister aux cours ou de participer aux activités. Je ne pouvais pas rester debout et mon humeur en était réellement affectée. Je n’avais pas réalisé que c’était normal avant que je ne voie un conseiller quelques années plus tard qui m’a dit que ces sentiments et émotions faisaient partie intégrante de notre condition lors des menstruations.

Quelques fois, le personnel de centres de santé locaux distribuait des serviettes réutilisables à l’école. Cela m’a aidée dans un premier temps, mais en grandissant j’ai appris à épargner et j’ai utilisé cet argent de poche pour acheter des serviettes hygiéniques.

En tant que jeune responsable de l’Association des Guides d’Ouganda et membre du projet YESS pour les filles, je me donne pour mission de veiller à ce que les filles reçoivent les instructions nécessaires sur la santé et l’hygiène menstruelle, de sorte qu’elles soient mieux équipées, instruites et capables de sentir libérées et fières de leurs menstruations, en d’autres mots, d’être femmes.

Être Guide m’a tellement aidée. Le Guidisme a eu un impact énorme sur ma vie immense. Je suis capable de me lever et prendre position sur des sujets qui concernent les filles et les jeunes femmes.


Samar'Les filles devraient être fières de leurs menstruations'

Samar, Scout en Inde

J’ai vu la souffrance des filles pendant leurs menstruations. Pendant la période de leur menstruation, les filles ne sont pas autorisées à se rendre dans des lieux de culte, parce qu’elles sont considérées comme impures. J’ai entendu dire que beaucoup de pharmaciens ne vendent pas de serviettes hygiéniques. Les filles n’ont donc pas accès aux produits de première nécessité pour assurer leur propre hygiène.

Les filles ne devraient pas être traitées de cette manière ! Si les filles n’avaient pas leurs menstruations, elles ne pourraient pas donner la vie. Quand je retournerai chez moi dans ma communauté, je vais parler aux membres de ma famille pour les sensibiliser à la question des menstruations et dissiper les mythes derrière celles-ci. Je me rendrai également chez les pharmaciens locaux pour les encourager à s’approvisionner en serviettes hygiéniques.

Les filles devraient être fières de leurs menstruations, et les garçons devraient se soucier d’elles et les aider pendant cette période.




L’Association mondiale des Guides et des Éclaireuses informent les filles et les garçons du monde entier sur l’importance de la santé et l’hygiène menstruelle. Pour plus d’informations, veuillez consulter www.wagggs.org

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