Nous avons toutes le potentiel pour changer le monde

Elieshiupendo M. Niccodem, âgée de 23 ans, fait partie de l'Association des guides de Tanzanie depuis 2014. La semaine dernière, elle a voyagé en Suisse pour le séminaire Helen Storrow à Notre Chalet. Le séminaire donne aux jeunes femmes les compétences et l'inspiration dont elles ont besoin pour faire entendre leurs voix au niveau communautaire et national afin de contribuer à rendre le monde plus durable.

J'ai grandi à Morogoro, le cœur agricole de la Tanzanie. Après le lycée, je suis entrée à l'Université Mémorial Hubert Kairuki dans la ville de Dar es-Salaam, où j'étudie maintenant la médecine.

Pour certaines familles, c'est une fierté que leur fille devienne médecin. Pour d'autres, c'est honteux. On considère que ce sont des métiers pour les hommes. Les filles apprennent à être solides et responsables afin qu'elles puissent prendre soin de leur famille. "Une femme doit être à la cuisine", disent les villageois. "Comment pouvez-vous prendre soin de votre famille si vous êtes médecin ?"

Helen Storrow 2017 - Eshi

Éducation : la seule issue

Pour mes parents et pour beaucoup d'autres en Tanzanie, il était difficile d’accéder à l'éducation. Ma mère et mon père ne pouvaient aller à l'école que lorsque leurs parents avaient vendu le café qu'ils cultivaient. Si leur café ne se vendait pas, ils restaient à la maison. C'était une vie difficile et c'est pourquoi mes parents m'ont toujours dit : "L'éducation est la seule issue. Pour avoir une bonne vie, va à l'école, étudie les sciences, trouve un travail et gagne de l’argent".

En Tanzanie, il est commun de grandir en croyant que les activités extra-scolaires sont une perte de temps et que l'éducation doit passer en premier. Cependant, tout cela a changé quand j’ai été initiée au guidisme et scoutisme féminin, pendant ma deuxième année d'université. Bien que l'éducation demeure une priorité, le guidisme apporte une forme de compétence différente et une autre façon de voir la vie. Il m'a appris qu'il n'y a rien de plus beau que d'être qui vous êtes censés être et bien plus encore !

Un nouveau challenge

Le séminaire Helen Storrow en Suisse a été une excellente occasion de développer ma confiance, de construire toute une gamme de compétences et d'essayer différentes activités. Je voudrais partager ce que j'ai ressenti en me lançant vraiment un défi lors d'une visite dans le parc d’aventure près de Notre Chalet. Je n'avais jamais vu de neige auparavant, sauf à la télévision. Je ne savais pas ce que le voyage nous réservait, mais j'étais excitée. J'étais excitée parce qu’il avait neigé, excitée de passer du temps avec de nouvelles personnes et excitée d'être ainsi mise au défi. Mais j'avais peur aussi ... Et si je ne pouvais pas le faire ? Et si les défis étaient trop difficiles pour moi ?

Au parc, nous avons dû glisser le long de câbles, marcher sur des cordes et sauter d'un pont très haut ! Mais avant toute chose, nous avons dû apprendre comment le faire. Après une petite formation, je me sentais prête. Je voulais être sur le câble, sur les cordes, sur le pont. Mais il fallait que je passe d’abord par des étapes. Il y avait cinq stations et je pouvais voir que certaines de mes amies étaient déjà sur les câbles les plus hauts. Je voulais les suivre. Mais je ne l'ai pas fait. Je suis restée là en attendant mon tour ; en attendant de commencer l'aventure. C’est difficile d’observer vos amies déjà en avance sur vous – tout en s'amusant, mais à la fin, j'ai terminé chaque partie du parcours. J'ai passé toutes les stations de câbles métalliques et j'ai glissé sur la plus haute tyrolienne. L'activité m'a beaucoup appris. La vie est un processus. Nous avons des étapes à suivre et il n'existe aucun moyen de prendre un raccourci. Certains chemins sont clairs tandis que d'autres paraissent si désordonnés que vous ne pouvez pas en voir l’issue. La vie est censée être un mystère, un processus, un voyage à apprécier. Tout comme moi quand j’attendais la tyrolienne, vous devez passer par toutes les étapes.

Helen Storrow 2017 - SDGs

Devenir un leader

Depuis que j'ai rejoint les guides, je n'ai plus jamais été la même ! C’est devenu une porte vers de nombreuses opportunités dans ma vie, une fenêtre où je peux voir l'autre côté du monde. Quand j'étais jeune, je pensais que pour devenir un leader, je devais avoir un certain poste ou rôle, mais le guidisme m'a appris que nous sommes toutes des leaders, indépendamment de nos positions. Nous sommes une famille avec le même objectif, faire du monde un meilleur endroit. Je veux encourager davantage de femmes et de filles à rejoindre le guidisme féminin, parce que cela les aidera à comprendre leur potentiel pour changer le monde !

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