LE PRIX QUE NOUS PAYONS TOUS POUR UN MONDE QUI N'ACCORDE PAS D'INTERET A L'EGALITE ENTRE LES SEXES

Anita Tiessen, Directrice générale de l'Association mondiale des Guides et des Éclaireuses

Un des défis à relever lorsque vous dirigez une organisation mondiale qui compte 10 millions de filles et de jeunes femmes dans 146 pays différents à travers le monde en tant que membres, est de savoir comment représenter toutes ces personnes issues de cultures et de milieux si différents avec une seule voix dans laquelle elles peuvent toutes se retrouver.

Que vous soyez une avide lectrice des nouvelles dans le monde ou que vous y jetiez juste un coup d'œil rapide, vous pouvez avoir l'impression que nous sommes un monde et des peuples divisés. Cependant dans mon rôle de DG de l'Association mondiale des Guides et des Éclaireuses (AMGE), chaque jour qui passe me rappelle que c'est une image faussée du monde dans lequel nous vivons.

Dans un sondage qui coïncide avec la Journée internationale de la Femme et le lancement mondial de notre campagne #GreatGirlLeaders (Super filles leaders), nous avons demandé à la fois aux filles et aux garçons quelles étaient leurs attitudes vis-à-vis de l'autonomie des femmes. Nous avons aussi demandé quel était leur perception de l'égalité sur le lieu de travail pour les femmes, à la fois en termes de salaire, de carrière et d'opportunités de leadership et quel soutien supplémentaire il faudrait offrir aux filles pour les aider à parvenir à une véritable égalité.

2016_ Ghana _ JLS participants in a row

De l'Algérie jusqu'à la Russie, plus de 3.000 jeunes gens de 60 pays ont répondu, dont une écrasante majorité (67 %) a mentionné des préoccupations et des perceptions liées au genre, susceptible d'affecter la confiance en soi et de les empêcher de réaliser leurs rêves.

Plus de deux jeunes sur cinq avaient le sentiment que les filles et les jeunes femmes étaient freinées dans leur ascension vers des rôles de leadership en raison d'un manque de soutien pour aider les filles à étudier et à accéder à des carrières dominées par les hommes, comme celles reposant sur les disciplines scientifiques ou techniques (STIM). Un sur quatre pensait que les modèles de rôle pertinents manquaient et que l'accès à un niveau de salaire plus élevé demeurait un problème. Tous partageaient l'avis selon lequel il faudrait faire plus pour aider les jeunes femmes à réaliser leurs rêves.

Comme nous le montre la voix de nos membres, malgré la multitude et souvent, le contraste des cultures, ils étaient tous unis derrière la raison pour laquelle les filles se sentaient freinées et incapables de concrétiser leurs rêves, à savoir l'appartenance au sexe féminin et l'attitude des autres vis-à-vis de celle-ci.

Les points de vue des jeunes qui donnent matière à réflexion concernant l'égalité hommes-femmes sont confirmés dans le monde du travail. Selon le Rapport sur le fossé entre les sexes 2016 du Forum économique mondial, les femmes dans le monde gagnent en moyenne un peu plus de la moitié de ce que les hommes gagnent, bien qu'elles travaillent un plus grand nombre d'heures, en prenant en compte le travail rémunéré et non rémunéré.

Le nombre de femmes dans les postes à responsabilités reste faible, sachant que seulement quatre pays dans le monde ont un nombre égal d'hommes et de femmes législateurs, hauts fonctionnaires et cadres supérieurs. Bien que dans 95 pays désormais, il y ait autant de femmes que d'hommes – si ce n'est plus – qui suivent des études de niveau universitaire.

Bien évidemment, les femmes ont bénéficié d'importants progrès au cours des récentes générations, mais le monde du travail dans lequel les filles et les garçons vont entrer au cours de la décennie à venir, demeure envahi par des inégalités très marquées entre les sexes et c'est un problème présent partout dans le monde. Selon un Rapport de l'Institut mondial McKinsey, à partir de septembre 2015, il pourrait en coûter $12 trillions au PIB mondial si l'égalité pour les femmes n'avait pas avancé d'ici 2015.

2017 _ Rwanda _ Pascaline

À l'AMGE, nous essayons de nous attaquer au problème de front à travers nos programmes phares de leadership. L'autonomie des femmes est au cœur de notre travail depuis plus d'un siècle et notre formation unique permet aux participantes d'explorer des thèmes comme le développement personnel, le leadership, les changements et les transformations dans la communauté, au sein d'un espace sûr. Notre approche pratique, par l'expérience, pour apprendre en faisant, procure aux filles les aptitudes et la confiance en elles dont elles ont besoin pour aller de l'avant et faire entendre leur voix.

Cette semaine par exemple, 12 jeunes femmes venues du monde entier se rendront à New-York pour représenter l'AMGE à la Conférence des Nations unies sur la Commission de la condition de la femme pour partager leurs réflexions et opinions avec des leaders mondiaux sur certains des défis majeurs auxquels sont confrontées les filles et les jeunes femmes dans le monde.

À la fin du mois, 38 jeunes femmes de 28 pays développeront leurs aptitudes au leadership mondial lors de l'un de nos événements phares de développement, le Séminaire Helen Storrow. Le séminaire aborde certains des problèmes les plus importants dans la société moderne avec un focus sur les questions environnementales. Il procure aux jeunes femmes les aptitudes et l'inspiration dont elles ont besoin pour faire entendre leur voix au niveau de leur communauté ou au niveau national, dans le but de contribuer à faire du monde un lieu plus durable.

Our Cabana Volunteer

Notre campagne #GreatGirlLeaders, qui montre la vie de sept femmes qui ont toutes levé les obstacles liés au sexe et remis en question les stéréotypes dans leurs carrières choisies et qui mettent la confiance qu'elles ont en elles, en partie, sur le compte des aptitudes qu'elles ont acquises et des opportunités qui leur ont été offertes alors qu'elles étaient guides ou éclaireuses, est bien la preuve de la différence que nous apportons dans la vie des filles.

Tout un chacun dans le monde – garçons et hommes compris – tirerait avantage à ce que les femmes soient plus autonomes sur le plan économique et nous avons tous un rôle à jouer pour y parvenir.

Donc si vous n'êtes pas une femme, ne vous détournez pas de la Journée internationale de la femme parce que vous pensez que cela ne vous concerne pas. Cela vous concerne ! Indépendamment de notre sexe ou de notre lieu de résidence, nous avons beaucoup plus de choses en commun qu'il n'y paraît. Plus tôt nous commencerons tous à le reconnaître et à travailler ensemble à la résolution du problème, plus rapidement nous pourrons tous commencer à en retirer des avantages.

Pour en savoir plus sur la campagne de l'AMGE #GreatGirlLeaders, visitez https://www.wagggs.org/en/what-we-do/international-womens-day, ou ajoutez votre voix et partagez vos propres témoignages de modèles de rôle avec nous @wagggs_world. 

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