Ne posez jamais de limites à vos rêves

Ravina, 25 ans, fait partie des Scouts & Guides de Bharat, elle pratique le tir à l'arc au niveau national et elle vit à Delhi, en Inde. Inspirée par sa famille et le Mouvement des guides, elle est bien décidée à arrêter la violence…

Ravina Daniel Quinn-Graham/WAGGGS

Lorsque ma mère s'est mariée, elle n'était pas heureuse. Mon père a été violent dès le début. La situation a empiré à la naissance de mes sœurs jumelles. La famille de mon père n'aimait pas les enfants filles et la famille était traumatisée par les questions de sexe des enfants. Ma mère et mon père ont essayé à deux ou trois reprises d'avoir un garçon, il y a même eu une fausse couche.

Lorsque ma mère s'est rendue compte qu'elle était enceinte de moi, elle a appelé sa sœur pour la supplier de l'aider. Elle pensait que la famille de mon père la tuerait si elle découvrait qu'elle attendait une fille. Finalement, il semble que la famille ait accepté la situation. Mais à partir de ce moment-là, chaque fois que mon père rentrait à la maison, il battait ma mère, lui criait dessus et l'empêchait de manger.

Au début, il était violent seulement envers ma mère. Puis, il a retourné sa violence contre mes sœurs jumelles et moi quand ma mère a décidé de le quitter. Je venais d'avoir sept ans.

Ravina and her sisters


À partir de zéro

Nous avons déménagé à Delhi et nous sommes reparties de zéro. Ma mère ne possédait rien. Nous vivions toutes dans une seule pièce. Puis, nous avons eu deux pièces, puis trois et maintenant nous avons tout un appartement. Nous sommes vraiment contentes ! Ma mère est tellement source d'inspiration pour moi. Elle voulait que nous recevions toutes les trois une éducation de bon niveau. Elle nous disait toujours : "Ne  dépendez de personne !".

 Ma mère est retraitée maintenant mais elle dirige sa propre ONG, ZeStreet, qui procure aux femmes les moyens d'accéder à l'autonomie et les aide à trouver du travail. Elle m'a appris qu'il ne fallait jamais poser de limites à ses rêves. Si j'ai deux souhaits mais que je n'ai suffisamment d'argent que pour un, alors je dois travailler pour réaliser les deux.

Mes sœurs jumelles, Urvi et Chhavi, sont aussi source d'inspiration pour moi. Parce qu'elles ont toujours raison ! Si je leur demande conseil, elles me guident toujours positivement. En fait, c'est ma sœur Chhavi qui m'a présenté Voix contre la Violence, un programme d'éducation non formelle créé par ONU Femmes et l'Association mondiale des Guides et des Éclaireuses, qui procure aux filles et aux garçons les outils pour prendre la parole sur la violence.

En tant que leader guide, je partage le programme avec d'autres guides et éclaireuses partout en Inde – un Mouvement auquel je suis fière d'appartenir. Beaucoup de filles sont seules mais le guidisme leur procure du soutien et les aide à croire en elles.

Je forme aussi des filles qui ne font pas partie du Mouvement. Nous avons récemment noué un partenariat avec Sos Village qui travaille avec des filles qui ont subi la violence et fugué. J'ai formé 40 filles sur Voix contre la Violence et j'ai vu un changement positif parmi les participantes.

 

Ravina - archery

Je me souviens d'une fille qui était plus forte que les autres. Elle était calme et les autres filles la harcelaient. Lorsque nous distribuions des bananes, certaines lui disaient : "Tu devrais en prendre deux parce que tu manges beaucoup". Elle ne disait rien. Quelques jours plus tard, rebelote ! Cette fois-ci, elle a répondu : "Pourquoi devrais-je en prendre deux ? Je n'en veux qu'une ! Que je sois grosse ou pas ! C'était bien de la voir se lever pour elle-même et défendre ses droits !"

Je vois le pouvoir de Voix contre la Violence – pour moi, aussi ! Lorsque j'étais plus jeune, je voulais pratiquer le tir à l'arc. C'est m'a mère qui m'avait encouragée à pratiquer des sports d'aventure quand personne d'autre ne le faisait. Maintenant, je pratique au niveau national et je continue à appliquer le programme dans ce domaine-là aussi !  

Récemment, je participais à un camp pour une sélection nationale en tir à l'arc. Une autre fille et moi-même avions obtenu le même score, mais elle a été déclarée gagnante. J'ai haussé le ton et j'ai expliqué mes résultats. On ne m'écoutait pas, mais j'ai persisté en montrant ma carte de pointage, jusqu'à ce qu'on se rende compte de l'erreur. Prendre la parole pour soi-même est une bonne chose, sinon tout le monde vous écrase. Voix contre la Violence m'a encouragée à revendiquer mes droits et je veux qu'il en soit de même pour d'autres jeunes !"


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