Rencontrez les Guides du Rwanda qui brisent les barrières à l’éducation !

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Partout au Rwanda, des filles de tous âges doivent faire face à des obstacles à leur éducation. Beaucoup doivent abandonner l’école à cause de la pauvreté, une grossesse, la violence et les conflits. Lorsqu’elles retournent à l’école, c’est une course contre la montre pour qu’elles rattrapent le temps perdu. L’Association des Guides du Rwanda, avec le soutien de l’Association Mondiale des Guides et des Éclaireuses, ouvre la voie aux filles et aux jeunes femmes du pays entier pour qu’elles continuent leurs études et puissent avoir accès à l’éducation qu’elles méritent. Les filles de l’ensemble du pays révèlent ici ce que le Guidisme leur a apporté.


Portraits de Hervé Irankunda / AMGE.

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Kevine, 8 ans

Kevine n’a peut-être que huit ans, mais le Guidisme l’a aidée à se faire entendre et à se défendre, et elle peut maintenant prendre part à des activités comme le sport.

« J’aime faire du sport, mais à l’école les filles n’ont pas le droit de participer aux activités sportives, car les garçons sont perçus comme étant plus forts. Grâce à Libre d’Être Moi [un programme centré sur la promotion de la confiance en soi et en son corps], j’ai appris que je suis assez forte pour faire du sport – ou tout autre chose que je désire. La prochaine fois que l’on me dit que je ne peux pas prendre part, je me ferai entendre ».

Au travers du Guidisme, Kevine est devenue plus active en classe, et si elle manque l’école, elle sait qu’elle peut rattraper les cours avec l’aide de ses camarades Guides.

« J’ai tellement plus confiance en moi en étant Guide, je ne ressens pas de timidité. Je peux lever la main en classe et m’exprimer. Être capable de participer en classe est très important car l’éducation signifie beaucoup pour moi. Lorsque j’apprends, je sais que je vais réussir dans mes leçons ».


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Divine, 12 ans

Lorsque Divine était malade, elle manquait l’école et il lui était difficile de rattraper ses leçons.

« Lorsque je revenais à l’école, je me sentais perdue. Les autres élèves savaient des choses que je ne connaissais pas. Rater des cours me rendait triste ; mes amis me manquaient. Devenir une Guide m’a beaucoup apporté. Lorsque je suis absente de l’école, les Guides organisent des groupes d’étude pour que je puisse rattraper les autres ».

En plus de l’aider dans ses études, Divine a appris l’importance de la confiance en soi.   

« Les Guides organisent des sessions sur l’importance de la confiance en soi et en son corps – et c’est quelque chose que je désire partager avec d’autres. Les sessions de « Libre d’Être Moi », un projet de l’Association Mondiale des Guides et des Éclaireuses, se déroulent à l’école et fournissent un environnement confortable au sein duquel je peux partager mes idées. »

« Grâce au programme « Libre d’Être Moi », j’ai appris pourquoi j’ai besoin d’avoir plus confiance en moi. Après les sessions, je me sens toujours plus belle. Cela m’a appris que la beauté ne compte pas plus que le comportement. Je ne l’aurais jamais réalisé sans le soutien des Guides ».


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Keza, 12 ans

Keza devait manquer les cours pour s’occuper de ses frères et sœurs.

« Quand j’étais plus jeune, ma mère est devenue vraiment malade. J’ai dû rester à la maison pour m’occuper de mes frères et sœurs. Mes amis me manquaient terriblement. J’avais hâte que ma mère aille mieux pour que je puisse revenir à l’école. Lorsque j’y suis retournée, j’ai été harcelée par mes camarades de classe - ils disaient que je n’étais pas aussi intelligente qu’eux. Je n’avais pas assez confiance en moi pour leur tenir tête et j’avais trop peur pour lever la main en classe ».

Keza a découvert un groupe de Guides dans son école, et elles lui ont dit « Pas une seule Guide n’échoue à l’école ».

« Les Guides étudiaient toutes ensemble et s’entre aidaient », dit Keza. “Si je ne comprenais pas quelque chose, elles m’encourageaient à poser des questions. Je me sens maintenant beaucoup plus confiante et capable. J’adore aller à l’école, apprendre de nouvelles choses grâce à mon enseignant et j’ai suffisamment confiance en moi pour pouvoir lever la main en classe ».


082017 Rwanda Divine -

Divine, 12 ans

En plus de soutenir le retour à l’école des filles, les Guides du Rwanda leur donnent l’opportunité d’en apprendre plus sur des sujets tels que la santé, la confiance en soi et en son corps et comment confronter la violence.

« Á l’école, on ne nous informe pas en détails sur les sujets tels que la santé sexuelle, la violence ou bien les « papas gâteaux » (vieux protecteurs) » raconte Divine. « Lors de la réunion hebdomadaire de mon groupe de Guides, nous pouvons parler de tout cela ouvertement. C’est un espace sûr pour pouvoir aborder ces sujets et j’ai appris comment réagir si je me sens à risque de violence ».


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Karine, 12 ans

Karine a perdu sa mère lorsqu’elle était petite et elle vit maintenant avec sa sœur. Son groupe de Guides dans le Rwanda rural lui fournit un environnement sûr au sein duquel elle peut jouer, danser et être elle-même. Cela ne lui a pas uniquement donné de l’espoir – cela lui a apporté une deuxième famille.

« Je pense beaucoup à ma mère, mais les Guides m’ont aidée, car j’ai l’occasion de jouer avec d’autres filles. Le Guidisme me donne le sourire et me fait sentir heureuse. Nous nous aidons mutuellement, et j’essaie maintenant d’aider aussi les autres. J’ai parlé des Guides à toutes mes amies. J’espère vraiment qu’elles viendront m’y rejoindre ! ».


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Aimée, 15 ans

Aimée vit dans un camp de réfugiés au Rwanda. Elle manque souvent l’école, car sa famille ne peut pas se permettre de payer les frais de scolarité, mais elle est déterminée à faire tout ce qui est en son pouvoir pour continuer son éducation.

« Mon école se situe en bas de la colline – et cela peut prendre entre 20 minutes et deux heures pour s’y rendre. Quelquefois, lorsque mes parents ne peuvent pas payer mes frais de scolarité, je dois rater l’école. Lorsque je ne peux pas aller à l’école, je me sens si triste. Je travaille dur pour rattraper les cours et je révise sans cesse parce que je veux réussir mon prochain examen, afin que mes notes restent stables ».

C’est souvent une course contre la montre pour Aimée pour rattraper ses leçons, mais les Guides lui apportent un peu de répit.

« À l’école, j’ai l’occasion de prendre part aux activités des Guides. Nous chantons, nous dansons, et je me fais de nouvelles amies qui m’aident lorsque je suis absente de l’école. Les activités me donnent beaucoup plus confiance en moi. À l’avenir, je veux pouvoir me produire devant un millier de personnes et tirer le maximum de mes talents ». 


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Kirezi, 21 ans

Lorsque Kirezi était petite, les menstruations étaient un sujet tabou et elle a souffert lorsqu’elle a eu ses premières règles.

« L’école secondaire n’était pas un environnement facile pour une fille. Personne ne nous avait appris quoi que ce soit sur les règles et ce qu’elles signifiaient – c’était une partie secrète de notre culture. Lorsque j’ai eu mes premières règles, je me trouvais à l’école. Je sentais que quelque chose se passait en moi. Lorsque je suis allée vérifier, j’ai vu du sang. J’ai eu peur. J’avais entendu parler des règles à la radio, mais je ne savais pas quoi faire et il me semblait que je ne pouvais en parler avec personne. J’avais seulement 13 ans ».

Kirezi se trouvait au pensionnat à l’époque, il n’y avait donc personne avec qui elle pouvait en discuter. Maintenant, en tant que responsable Guide, Kirezi veut détruire le mythe qui entoure les règles.

« Je veux aider les filles qui se retrouvent dans des situations semblables et les aider à surmonter les barrières auxquelles elles pourraient faire face pour accéder à l’éducation ». 


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Alice, 25 ans

L’amie d’Alice a été obligée de quitter l’école après le décès de son père pendant le génocide. Comme elle était la fille ainée de la famille, elle a été chargée des tâches domestiques comme aller chercher l’eau et de s’occuper de ses frères et sœurs.

« Avant que mon amie n’abandonne l’école, elle avait un rêve. Elle voulait devenir docteur. Mes amies et moi voulions l’aider, mais elle était tellement occupée qu’elle ne pouvait pas venir jouer avec nous. Nous ne voulions pas qu’elle manque quoi que ce soit, alors nous avons commencé à lui rendre visite chez elle. Cela lui a remis en mémoire la confiance en soi et la fierté qui vont de pair avec l’appartenance au Mouvement des Guides ».

Finalement, sa mère s’est aperçue du pouvoir exercé par les Guides et a renvoyé l’amie d’Alice à l’école. De nos jours, Alice est déterminée à s’assurer que les filles du Rwanda soient autonomisées !

« C’est tellement important pour les filles aujourd’hui d’avoir confiance en elles et de croire qu’elles peuvent obtenir le travail qu’elles désirent – et qu’elles méritent. En tant que Guides, il est de notre devoir d’apprendre aux filles qu’elles peuvent réussir ».


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Emmerence, 22 ans

Emmerence vit dans une communauté reculée du Rwanda. Le magasin le plus proche se trouve à une heure de route et le trajet jusqu’à l’école traverse un terrain montagneux.

« Les filles de ma communauté font face à de nombreux obstacles pour avoir accès à une éducation sûre. La pauvreté est un gros problème. Il y a aussi la question des « papas gâteaux » – des hommes plus âgés qui séduisent les petites filles. Ces filles tombent un jour ou l’autre enceintes et elles abandonnent l’école ».

Pour Emmerence, la pauvreté l’a poussée à quitter l’école. « Petite, ma famille n’était pas riche. Quelquefois, elle ne pouvait pas payer mes frais de scolarité, alors j’étais absente pendant des trimestres entiers. Et quand je retournais finalement à l’école, je ne pouvais pas m’offrir les fournitures scolaires, alors c’était difficile ».

Emmerence est maintenant responsable Guide dans sa communauté – et c’est grâce à ce Mouvement qu’elle a pu continuer à étudier. 

“Le groupe de Guides de mon école m’a donné des livres, des crayons et tout ce qui pouvait m’aider. Elles m’ont dit que je n’étais pas seule ; nous étions ensemble. Si je n’étais pas devenue Guide, je n’aurais pas pu terminer mes études secondaires et je n’aurais pas eu l’occasion de rencontrer autant de filles qui m’ont encouragée à continuer - même lorsque je traversais des moments difficiles ».


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Sandrine, 25 ans


Sandrine était encore adolescente lorsqu’elle a découvert qu’elle était enceinte.

 « J’ai été violée à 18 ans par un homme que je fréquentais. Je l’ai déclaré à la police, mais nos familles se connaissaient et m’ont suppliée pour qu’il soit relâché. Je me suis vite rendue compte que j’étais enceinte. Ils m’ont dit qu’ils me soutiendraient pendant ma scolarité, ainsi qu’après la naissance de l’enfant. Ma famille et moi étions d’accord car nous avions besoin de leur soutien financier ».

L’aide financière s’est arrêtée et Sandrine s’est retrouvée dans l’incapacité de retourner à l’école. L’histoire de Sandrine n’est pas rare, avec 40% des femmes rwandaises entre 15 et 49 ans ayant fait l’expérience de la violence. Sa vie s’est améliorée lorsqu’elle a rejoint un groupe de Guides en 2013.

« Cela m’a ouvert les yeux », dit Sandrine. « J’ai fait la connaissance d’autres victimes de violence et je me suis rendue compte que je n’étais pas seule. J’appréciais leur manière de jouer, de rire et de s’inspirer les unes les autres. J’ai senti que j’avais trouvé un groupe pour moi ».

Même si Sandrine ne peut plus aller à l’école, les Guides lui permettent de développer des compétences qu’elle ignorait avoir. « J’ai appris tellement de choses ! Nous avons l’occasion d’acquérir des compétences professionnelles, comme la couture, la cordonnerie et la coiffure. Ce qui compte le plus pour moi est le fait qu’elles m’aient acceptée moi et ma fille sans aucun jugement ».


Pour marquer la Journée Internationale des Filles, l’Association Mondiale des Guides et des Éclaireuses réclame 12 ans d’éducation gratuite, sûre et de qualité pour toutes les filles du monde.

FIN



À propos de l’Association Mondiale des Guides et des Éclaireuses :

L’Association Mondiale des Guides et des Éclaireuses (AMGE) est le seul mouvement mondial destiné à toutes les filles, car nous avons la conviction que chacune d’entre elles mérite de pouvoir exceller. Ce mouvement diversifié représente dix millions de filles et de jeunes femmes de 150 pays. Libres de tirer profit du Mouvement comme elles l’entendent, les filles apprennent par la pratique, en se faisant de nouvelles amies et en se divertissant. Au cœur d’un environnement sûr et local, les filles développent les compétences et les attitudes nécessaires pour évoluer, ainsi que pour changer leurs communautés et notre monde. L’AMGE maintient le Mouvement mondial florissant, uni et en pleine croissance. www.wagggs.org

 

 

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