Que votre lumière brille ! Nous pouvons arrêter et nous arrêterons la violence !

Entre le 24 et le 29 Janvier 2016, a eu lieu le dernier événement ACTIVER Stop à la violence d'une série de quatre événements soutenus par Zonta International. Amy Quinn-Graham revient sur ce que les événements ACTIVER et le programme Stop à la Violence signifient pour les filles et les jeunes femmes aux quatre coins de la planète.

Amy Quinn-Graham

En novembre 2014, j'ai formé un groupe de 22 facilitatrices formidables. Depuis, différents groupes parmi nous ont parcouru ensemble la planète pour mettre en œuvre les événements ACTIVER, dans le cadre de la campagne "Stop à la Violence – Revendiquons les droits des filles". Nous avons commencé par Sangam, en Inde en décembre 2014, puis nous nous sommes rendues en Zambie en avril 2015, en octobre 2015 nous étions aux États-Unis et le mois dernier nous avons terminé par le Togo. Ce fut une expérience incroyable et je me suis sentie privilégiée d'avoir vu la campagne se mettre véritablement en action sur le terrain.

Lors de la dernière journée du récent événement ACTIVER au Togo, comme pour tout événement AMGE, l'atmosphère lors de la cérémonie de clôture était empreinte de tristesse. L'énergie du groupe était indéniable. Il comptait 47 femmes formidables qui étaient déterminées à repartir dans leurs pays respectifs avec une nouvelle motivation et des connaissances partagées pour mettre un terme à la violence à l'encontre des femmes et des filles, un "fléau" qui touche au moins 1 fille ou femme sur 3 dans sa vie, partout dans le monde.

Togo Activate training washing line activity

Il est facile de se laisser dépasser par l'ampleur du problème et de se décourager. "Comment faire pour apporter une vraie différence ?"

Il peut être difficile de rester optimiste quand, dans tous les pays du monde, on voit des femmes et des filles être dévalorisées, lorsqu'on voit les qualités typiquement masculines attribuées aux hommes et aux garçons considérées comme étant "mieux que" ou "plus que" les qualités supposées féminines et attribuées aux femmes et aux filles. Nous parlons de la violence comme étant un mécanisme destiné à maintenir une dynamique de pouvoir inégale en place, une dynamique dans laquelle les garçons et les hommes détiennent le pouvoir sur les filles et les femmes. Mais il peut parfois paraître trop difficile de se battre lorsqu'on a le sentiment que personne ne veut reconnaître qu'il existe un déséquilibre dans le rapport de forces d'emblée.    

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Cependant, si je retiens quelque chose de ces 14 derniers mois, c'est bien que quelque chose est en train de se passer ici, et l'impulsion est donnée pour un certain temps maintenant.

Le mouvement est lancé, celui du refus de continuer ainsi ! C'est une petite lumière qui passe de mains en mains parmi les guides et les éclaireuses partout dans le monde et elle n'est pas fragile, elle ne se laissera pas éteindre facilement. L'énergie mobilisée, la passion qui accélère les choses nous mettent au défi. Au défi que "nous pouvons mieux faire encore". Il se répand dans les familles et les communautés, les écoles et les lieux de culte, à travers les échanges jour après jour, à travers le questionnement sur "la manière dont les choses ont toujours été", en  reconnaissant que si nous  nous décidons de faire cela, nous devons le faire bien.

Nous devons commencer à aborder ce sujet avec les enfants, dès leur plus jeune âge. Nous devons nous remettre en question nous-mêmes par rapport aux jouets que nous donnons à nos enfants et aux mots que nous leur disons. Nous devons dire à nos filles qu'elles peuvent devenir Présidents et à nos garçons qu'il "resteront des hommes" s'ils pleurent. 

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Sur les 14 derniers mois, quatre événements ACTIVER ont été organisés, ce qui représente 182 personnes venant de 35 pays qui se sont dressées pour dire "STOP".   

Elles ont apporté avec elles des récits incroyables sur le travail qu'elles ont déjà accompli, de législations pour lesquelles elles ont exercé du lobbying d'intérêt général avec succès, de changements dans la prise de conscience au sein de leurs communautés. Elles sont prêtes pour faire un pas en avant de plus, pour aller plus profondément dans le changement des attitudes et une mutation dans les normes sociales. L'enthousiasme était palpable. 

 Le programme Voix contre la Violence est tout-à-fait unique. C'est le seul programme de ce type qui fait appel à l'éducation non formelle pour briser les stéréotypes de genre, pour remettre en question et changer les attitudes et offrir aux filles et aux jeunes femmes, aux garçons et aux jeunes hommes, un espace sûr pour se poser la question de savoir ce que cela signifie d'être une fille ou un garçon. Ce programme permet aux filles et aux jeunes femmes d'acquérir des compétences et la confiance en elles qui leur permettront de réaliser qu'elles ont des droits -notamment un droit à vivre une vie exempte de violence et de peur de la violence- et de se lever, d'aller de par leurs communautés et de revendiquer leurs droits, pour elles-mêmes et pour les autres.

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L'impact de 182 personnes formant au moins 3.000 leaders dans leurs communautés, qui à leur tour mettront en œuvre le programme Voix contre la Violence auprès de 800.000 jeunes, entre 5 et 25 ans, à travers 35 pays, sera exceptionnel. 

Des vies seront transformées. Tandis que des partenariats sont scellés et que plus de jeunes commencent à se lever comme autant d'acteurs du changement, je fais le rêve que les sociétés  amorcent leur mutation. Que les stéréotypes de genre commencent à tomber. Que personne n'excusera, ne pardonnera ou ne justifiera plus la violence. Qu'éventuellement le constat d' 1 femme ou fille sur 3 subissant des abus, réduite au silence et accusée, deviendra un souvenir lointain.   

Guides et éclaireuses, vous êtes formidables ! Vous nous avez inspirées ! Nous avons senti les battements de votre pouls et votre passion nous a énergisées. Que votre lumière brille ! Nous pouvons arrêter et nous arrêterons la violence !

Amy Quinn-Graham, Coordinatrice Plaidoyer AMGE

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