"Je veux prendre les rênes pour montrer au monde le rôle que les filles et les femmes ont à jouer"

Germaine, Rwanda, réfléchit à être la voix des sans-voix à la CSW60.

"Je suis de retour au Rwanda depuis une semaine, après avoir assisté à New York, à la 60ème session de la Commission des Nation unies sur la condition de la femme (CSW60) dans le cadre de la délégation de l'Association mondiale des  Guides et des Éclaireuses. Ce fut pour moi une opportunité fantastique, non seulement c'était la première fois que j'assistais à la CSW, mais c'était aussi ma toute première conférence dédiée uniquement aux filles et aux femmes. Être l'interprète de plus de 10 millions de filles et jeunes femmes m'a fait prendre conscience de l'importance de prendre la parole. Cela m'a aussi amenée à réfléchir à différentes manières de m'assurer que les voix de toutes les autres filles sans voix soient entendues.    

Une délégation source d'inspiration

J'ai été très inspirée par la manière dont chacune dans la délégation avait à cœur de faire connaître au monde les problématiques qui concernent les filles et les jeunes femmes que nous représentions à la CSW60. Nous avons tiré parti au mieux de toutes les opportunités qui nous ont été offertes, afin de nous assurer que non seulement les femmes, mais aussi les "FILLES" seraient reconnues dans les conclusions concertées (document résultant de la conférence). Nous nous sommes mises au défi de rencontrer autant de délégués et décisionnaires gouvernementaux que possible et nous leur avons montré combien il était important de prendre en compte les filles et les jeunes femmes spécifiquement dans ce processus de réalisation des Objectifs de développement durable (ODD). Je suis heureuse de dire que nous l'avons fait ! C'est le bon côté du Mouvement du guidisme qui me plait. Une fois que nous nous engageons, nous le faisons ! 

L'éducation non formelle devrait être reconnue !

Au cours de la CSW60, nous avons également partagé avec le monde entier les raisons pour lesquelles l'éducation non formelle a toute sa place et pourquoi il est important qu'elle soit reconnue dans les conclusions concertées. En présentant des exemples concrets, nous avons essayé de faire comprendre à chaque personne que nous avons rencontrée, pourquoi le monde a vraiment besoin de l'éducation non formelle pour atteindre l'objectif 5 (égalité entre les sexes et accès des femmes et des filles à l'autonomie). Nous leur avons expliqué comment le fait de doter les filles et les femmes d'autonomie, d'une manière générale, leur permettait de contribuer aux ODD.  À travers des événements, interviews et différentes conversations, nous avons pu partager ce qui se passe dans nos communautés. À travers des jeux de rôle et des présentations au cours de notre événement Libre d'être Moi, et au travers d'interviews ONU Femmes Média, je me suis sentie fière de partager le changement que Libre d'être Moi et le Programme Voix contre la violence apportent à la communauté rwandaise, le rôle que jouent les filles et les femmes pour s'attaquer aux changements climatiques, ainsi que l'accès des filles à l'autonomie par l'éducation non formelle dispensée par Rwanda Girl Guides, tout en impliquant les garçons, dans le but de créer un monde meilleur pour elles-mêmes et pour les autres. 

Une opportunité de changement de vie 

Je ne remercierai jamais assez l'Association mondiale des Guides et des Éclaireuses pour les formidables opportunités qu'elles offrent aux filles de partager leurs préoccupations lors d'événements à ce haut niveau. Je suis personnellement très reconnaissante, par le soutien du mouvement, d'avoir été en mesure de faire avancer non seulement les problématiques qui concernent les guides, mais aussi les problèmes qui concernent les filles et les femmes rwandaises en général, étant donné que j'ai eu la chance de me voir offrir une place au sein de la délégation gouvernementale rwandaise officielle. Ce fut pour moi  une expérience unique dans une vie parce que ce n'est pas une opportunité courante pour les filles et les jeunes femmes issues des organisations de la société civile au Rwanda de pouvoir faire partie d'une délégation gouvernementale, de surcroît pour une conférence d'une telle importance ! J'ai ressenti, et je continue de ressentir une grande fierté d'avoir pu partager avec les décideurs de mon pays, les messages clé de l'AMGE pour la CSW60 et faire part de mon expérience personnelle et de mon point de vue sur les réalités auxquelles sont confrontées les filles au Rwanda, dans la peau de quelqu'un qui travaille aux côtés des filles sur le terrain. Je peux dire que j'avais vraiment l'expertise que les membres du gouvernement ne pouvaient pas avoir et j'ai voulu en tirer le meilleur parti.

 Je suis si déterminée à continuer à être l'avocate des filles, en  m'assurant que leurs voix seront prises en compte, notamment dans les compte-rendus que j'établis pour mon Organisation membre et pour mon gouvernement. Au travers de programmes existants et d'un nouveau projet modeste, j'ai bien l'intention de me lancer. Je prévois de partager mon expérience de la CSW60 et de prendre les rênes pour montrer au monde le rôle que les filles et les femmes devront jouer dans la concrétisation du nouvel agenda mondial d'ici 2030."

Germaine, Rwanda 

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