Les filles guides prennent position contre les violences basées sur le genre dans les écoles

Anita Tiessen

Partout dans le monde, l'école est supposée être un lieu de paix. Un endroit sûr où l'on peut apprendre, se faire des amis, déterminer sa place dans le monde et trouver la personne que l'on veut être. C'est le dernier endroit au monde où les filles et jeunes femmes devraient avoir à subir du harcèlement et craindre des violences sexuelles.

Girls learning about violence in Togo AMGE


Mais selon un nouveau sondage réalisé par l'Association mondiale des guides et des éclaireuses (AMGE) et publié au moment de la campagne "16 jours d'activisme contre la violence basée sur le genre" tenue du 25 novembre au 10 décembre, la crainte de subir des violences liées au genre fait partie intégrante de la vie quotidienne des filles et jeunes femmes. Cela prend une ampleur effrayante.

Des 2000 jeunes participantes au sondage provenant de 60 pays différents, plus des deux tiers affirment que la crainte du harcèlement sexuel est un problème majeur pour les filles à l'école, à l'université et dans les écoles supérieures. Plus de la moitié disent que cette peur les empêche d'étudier et de s'adonner à leur loisir. 

Cette problématique ne se cantonne pas à un ou deux pays. Il s'agit d'un problème mondial qui touche différentes cultures, sociétés et croyances.

Au Royaume-Uni, il ressort d'un rapport du "Commons Women and Equalities Committee" que 29% des filles âgées de 16 à 18 ans ont subi des attouchements sexuels non désirés à l'école et que 71% des élèves entendent régulièrement des filles se faire traiter de "salope" ou de "pute".

Ces chiffres concordent avec les résultats de l'étude de comportement réalisée par les guides britanniques sur le sujet. Selon cette étude, 75% des filles et des jeunes femmes affirment que la peur de pouvoir être harcelé sexuellement affecte leur vie d'une façon ou d'une autre.

022016_Sri Lanka_ girls writing letters AMGE

Au Togo, de par leur expérience, les bénévoles du Programme des volontaires des Nations Unies (VNU) indiquent que le harcèlement sexuel et les viols dans les écoles représentent un énorme problème. Il en résulte que beaucoup de filles tombent enceintes, abandonnent l'école et perdent toute chance d'avoir un avenir meilleur.

VNU travaille désormais en collaboration avec un groupe de guides togolaises qui, riches de leur expérience et connaissances acquises dans leur groupe de guidisme local, forment 500 professeurs bénévoles à faire face à la violence.  La majorité des professeurs sont des hommes plus âgés qui pourraient d’ordinaire dominer la conversation, mais ces sessions permettent aux filles de disposer d'un endroit sûr où remettre en cause le mode de fonctionnement actuel. 

En Malaisie, les guides bénévoles qui sont également des professeurs nous expliquent que, bien que le nombre de cas signalés de violence dans les écoles est bas, leur propre expérience leur a montré que le problème est général et touche aussi des filles âgées de seulement 12 ans.

C'est pourquoi, les dirigeantes guides prennent la parole dans les écoles et forment les professeurs au programme "Voices Against Violence", le programme informel éducatif de AMGE et de ONU Femmes conçu afin d'aider les filles à mieux comprendre ce qu'est la violence, à contester les stéréotypes et à connaitre leurs droits.

112016_Barbados_Brownie displays Stop the Violence placard AMGE


Les filles sont également encouragées à créer des affiches à placarder dans les écoles afin de rallier les garçons et les jeunes hommes à leur cause. L'objectif pour l'année prochaine est de réaliser une tournée avec les forces de police afin d'aider à diffuser le message au-delà des barrières des écoles.

Pour ceux qui ne sont pas activement impliqués dans le mouvement des guides, il peut paraitre surprenant d'entendre que nous jouons un rôle si dynamique et visible dans la défense des droits des filles et jeunes femmes. Nous nous battons pour garantir leur sécurité et trouver des solutions au problème de la violence. En tant que Directrice générale, j'ai souvent remarqué que la perception des gens sur le guidisme était erronée.

En tant que seul mouvement au monde pour toutes les filles et chaque fille, avec 10 millions de membres dans 146 pays, nous sommes en effet bien placés pour faire face aux problèmes que rencontrent les filles et pour les aider à trouver des solutions adaptées à leur réalité culturelle, à tout niveau, dans les écoles, les communautés et la société en général.

La violence envers les filles et les jeunes femmes n'est pas inévitable. Mais ce n'est pas un problème que les guides et leurs partenaires mondiaux peuvent résoudre seul. Nous pouvons tous agir pour mettre fin à la violence.

Pour marquer la campagne de l'ONU "16 jours d'activisme", AMGE partagera #16 ways in #16 Days, 16 façons pour les jeunes de combattre la violence basée sur le genre à travers le monde.

Pour le septième jour, nous encourageons tout le monde à prendre la parole pour s'assurer que les filles et les jeunes femmes sont traitées équitablement dans les écoles, les écoles supérieures et les universités.

Si une jeune fille peut remettre en cause la parole d'un professeur adulte au Togo, nous espérons que vous pourrez prendre quelques minutes pour vous faire entendre également.

Row of people

Pour en savoir plus sur la campagne de AMGE ou pour faire passer un message, consultez www.stoptheviolencecampaign.com ou suivez-nous sur Twitter @WAGGGS_WORLD ou #16ways in #16days

"16 jours d'activisme" a été créé afin que les individus et les organisations du monde entier prennent un moment pour décider de mesures visant à mettre fin à la violence envers les femmes et les filles et à protéger et promouvoir les droits des femmes et des filles.

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