Contrer les discours de haine dans la communauté – Yvonne Akoth

Yvonne Akoth

Yvonne Akoth est une Ambassadrice AMGE Post-2015 pour le Kenya. Depuis 2015, elle travaille sur des problématiques qui affectent les réfugiés, en particulier sur les questions de sécurité et d'accès à l'autonomie socio-économique des jeunes femmes réfugiées. Dans le cadre de ce travail, Yvonne a créé sa propre organisation à but non lucratif pour défendre la cause de la protection des réfugiés. Pour ce faire, elle s'emploie à contrer les discours de haine dans les communautés locales, les écoles et sur Internet.

062016_Kenya_WorldRefugeeDayQuelles sont les problématiques auxquelles sont confrontés les réfugiés au Kenya ?

En tant que pays bénéficiant d'une paix relative, le Kenya est devenu un lieu d'asile pour des milliers de réfugiés. Le Camp de réfugiés Dadaab au Kenya est le plus vaste camp de réfugiés en Afrique. Il compte près de 400.000 réfugiés venus essentiellement de Somalie et du Soudan du Sud. Or, les réfugiés doivent relever de nombreux défis, notamment la pauvreté, le chômage et le manque de ressources dans les camps. Malheureusement, la récente recrudescence des actes de terrorisme a aussi créé des attitudes de peur et de suspicion à l'encontre des réfugiés. Le Gouvernement kenyan a été pressé d'envisager la fermeture de Dadaab et de contraindre les réfugiés à rentrer dans leurs pays respectifs, qui sont toujours très dangereux et dévastés par les conflits. Ce sont quelques-uns des principaux problèmes auxquels sont confrontés les réfugiés au Kenya.

Comment vous est venue l'idée de lancer votre propre organisation à but non lucratif ?

Je suis une avocate de la paix et stratège en matière de prévention de la violence. L'idée m'est venue de lancer ma propre organisation à but non lucratif pour défendre la cause d'une paix durable et promouvoir la prévention de la violence parmi les jeunes dans les communautés locales. Les jeunes sont souvent les auteurs de la violence et de la criminalité. Or, je pense que ce sont les mêmes jeunes qui peuvent jouer un rôle actif dans la réduction des incidents de violence et la promotion de la paix au sein de leurs communautés.

Quel type de travail votre organisation à but non lucratif mène-t-elle pour contrer les discours de haine et encourager la tolérance ?

Mon organisation à but non lucratif organise des ateliers qui ont pour but de doter les jeunes femmes et jeunes hommes d'aptitudes, de connaissances et d'informations qui leur permettront d'encourager la tolérance sur les plans socio-politique, ethnique et culturel. Nous leur procurons aussi des informations qui leur permettront de contrer en ligne et hors ligne les discours de haine parmi leurs pairs et les membres de leurs réseaux. Pour que notre travail ait un effet de ricochet dans les communautés dans lesquelles nous travaillons, nous nous appuyons sur une stratégie de pair à pair. Ainsi, nous pouvons sensibiliser autant de jeunes que possible, en nous servant des plateformes en ligne et hors ligne.062016_Kenya_WorldRefugeeDay

Avez-vous vu un changement résultant de ce travail ?

Tout-à-fait ! J'ai vu des jeunes qui ont appris à contrer en ligne les discours de haine avec un effet positif et qui ont réussi à accepter la tolérance et le respect par rapport à diverses opinions. J'ai alors vu comment leurs attitudes et actions pouvaient influer sur les réflexions et idées des contributeurs en ligne. Il en résulte que nous avons pu constater un véritable changement de ton, avec des points de vue plus positifs partagés dans les espaces en ligne dans lesquels des messages négatifs dominaient généralement.

Sur la base du travail qu'elle accomplit pour défendre l'idée de l'acceptation des réfugiés et de la tolérance dans les communautés au Kenya, en février, Yvonne a été choisie pour devenir une Amie 2016 de l'Institut des États-Unis pour la Paix (USIP). Yvonne a aussi participé au Forum mondial de la jeunesse de L'Alliance des civilisations des Nations unies (UNAOC), où elle a apporté une précieuse contribution aux conversations autour de la crise actuelle des réfugiés.

Que signifie pour vous d'être dénommée "Amie" de l'Institut des États-Unis pour la Paix ? Quel parti allez-vous tirer de cette opportunité ?

C'est un grand honneur pour moi d'avoir été désignée Amie pour le changement de génération auprès de l'Institut des États-Unis pour la Paix (USIP) en février 2016. Cela représente une grande opportunité pour moi de renforcer mes aptitudes et mes connaissances en matière de construction de la paix et de gestion des conflits. J'ai l'intention de m'appuyer sur cette opportunité pour aller à la rencontre de plus de jeunes dans la communauté et de jeunes réfugiés avec le soutien du programme de bourses, qui nous permettra de travailler sur des interventions pacifiques et durables pour les futures générations à venir.

Avez-vous pu parler de votre expérience au Forum mondial de l'UNAOC ? Qu'avez-vous appris ou retenu de la conférence ?

En tant qu'avocate pour la paix et ambassadrice Post-2015 de l'AMGE, j'ai eu le privilège de représenter le Kenya au 7ème Forum mondial de la jeunesse UNAOC. Le forum mondial m'a procuré l'opportunité de travailler avec des collègues leaders de la paix sur la manière de changer le cours de l'histoire dans l'avenir, en nous concentrant sur la promotion du dialogue interculturel, de la tolérance et de la paix parmi les différentes communautés vivant dans le monde. J'ai aussi eu l'opportunité de travailler dans le groupe thématique Discours de haine du Forum, dans lequel j'ai pu partager et apprendre des pistes innovantes pour contrer les discours de haine dans les différents environnements sociaux, politiques, culturels et religieux.

Quel est, selon vous, le rôle des guides et des éclaireuses pour répondre à la crise des réfugiés ?

Les guides et les éclaireuses ont un rôle important à jouer dans la réponse à apporter à la crise des réfugiés. Au cours des années, plusieurs Organisations membres de l'AMGE ont mis en œuvre des projets ayant pour but de procurer aux réfugiés les produits de première nécessité comme de la nourriture, de l'eau et du savon, ainsi que l'accès à l'autonomie pour des filles et jeunes femmes à travers des programmes non formels d'éducation à la paix à destination des réfugiés. En tant que guides et éclaireuses, nous pouvons contribuer à créer un environnement sain et sûr pour les réfugiés vivant dans nos communautés en contrant les discours de haine et en prenant la parole contre tous les types de violence visant les réfugiés.

062016_Kenya_WorldRefugeeDayQuel changement ou action espérez-vous voir de la part de la communauté internationale pour améliorer la vie des réfugiés ?

Le changement que j'espère voir de la part de la communauté internationale dans la crise des réfugiés est un nouvel engagement de tous les États membres des Nations unies pour allouer des ressources de nature à faciliter la protection et la sécurité des réfugiés. La crise des réfugiés est une crise mondiale qui nécessite une solution conjointe de la part des leaders mondiaux, chefs de gouvernements, responsables dans le secteur privé et dans la société civile en associant les jeunes pour un monde sans conflits violents, dans lesquels personne ne sera contraint de devenir un réfugié.

Stand #WithRefugees (Aux côtés des réfugiés)

Nous sommes aux côtés des réfugiés. Rejoignez-nous et signez la pétition UNHCR appelant les gouvernements à garantir que chaque enfant réfugié reçoive une éducation, que chaque famille de réfugiés puisse vivre dans un endroit sûr.

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