Action 2 – Écouter les voix des filles et des femmes et tirer des enseignements de leurs expériences

Chhavi Goyal, 30 ans, est animatrice au sein des Guides et Scouts de Bharat. En tant que facilitatrice du programme d’étude Des voix contre la violence de l’AMGE mis en œuvre en Inde, elle a vu l’immense impact que le programme d’étude et la campagne de sensibilisation Stop à la Violence ont sur les jeunes. Elle raconte quelle incidence le programme a eue sur les filles et les jeunes femmes et comment cela a changé aussi leur vie.

112016_India_Chhavi STV orange t-shirts AMGE


1. Les filles ne peuvent s’attaquer aux inégalités sans être bien informées :

« La vie est différente pour les filles suivant les régions d’Inde où elles vivent, mais d’où qu’elles proviennent, l’éducation aux questions de genre n’est tout simplement pas accessible. En n’aucun cas, les filles ne peuvent parler de sujets tels que la santé sexuelle, le cycle menstruel ou l’éducation sexuelle. Cela signifie que les filles et les jeunes femmes sont souvent mal informées ; elles ne sont tout simplement pas au courant des faits. Lorsque j’étais enfant, je devais participer à un voyage scolaire pour visiter un temple. L’enseignante a demandé si une fille parmi nous avait ses règles. Lorsque j’ai répondu que j’étais dans ma période de menstruation, elle m’a dit que je ne pouvais pas visiter le temple parce que je n’étais pas propre. Les filles ne réalisent pas que ce genre de fausse information est un problème. On leur dit qu’elles appartiennent à leur mari et elles ne réalisent pas que c’est faux. Ces problèmes concernent toutes les filles du pays ».

 

2. Le Guidisme m’a donné une voix :

« J’ai rejoint le Guidisme à l’âge de 12 ans et je ne savais vraiment pas ce que cela représentait. Mes animatrices étaient extraordinaires, elles m’ont enseigné tant de choses. Elles m’ont appris à devenir moi-même animatrice, à prendre soin de moi et à faire les choses différemment. Je me suis à nouveau engagée dans le Guidisme après mes études supérieures. Je suis devenue animatrice et j’ai fait un voyage à Sangam qui a véritablement changé ma vie. Nous avons été informées sur les actions que nous pouvions mener pour lutter contre le VIH/SIDA et j’ai commencé à comprendre que je disposais d’un espace et que j’avais le pouvoir de prendre la parole. J’ai soudain réalisé que la défense d’une cause m’avait toujours intéressée, mais je ne savais tout simplement pas comment cela s’appelait. Ce sont des occasions de ce genre qui m’ont vraiment aidée à grandir. Au début, je suscitais certaines critiques de la part d’autres animateurs pour les efforts que je fournissais à prendre la parole sur des questions qui étaient importantes pour moi, mais après avoir participé à la formation Stop à la Violence, je me suis rendu compte que j’avais la force et l’assurance suffisante pour aider les autres filles à prendre la parole. Je savais que je devais commencer l’exécution du programme moi-même ». 

112016_India _ Chhavi painted hands AMGE


3. Des voix contre la violence aide les filles à faire entendre leur voix

 « La première session que nous dirigeons est toujours axée sur les mythes et les réalités du sexe et du genre. Lors d’une formation à laquelle j’ai participé, nous avons demandé aux groupes d’examiner si l’affirmation “les filles devraient se soumettre à leur mari puisqu’ils savent tout mieux” est un mythe. Une bénévole âgée a déclaré à son groupe que c’était vrai. Lorsque nous avons rassemblé le groupe, une des plus jeunes filles du groupe a pris la parole. Elle a remis en cause ce mythe et a parlé de l’importance du consentement, de la discussion et du partenariat. Cette fille s’est donné le pouvoir, non pas uniquement de remettre en cause le mythe mais aussi de questionner le groupe et ses animateurs. L’espace sûr que nous offrons aux filles les aide à devenir courageuses. Il donne aux filles les moyens de réfléchir sur la question de l’inégalité entre les genres et de s’exprimer à ce sujet. Au terme de la session, les garçons et les filles ont marché jusqu’à la gare ferroviaire de la localité emportant avec eux les affiches de la campagne Stop à la violence. Ils se sont montrés si vaillants. Si libres. Ils sont passés de l’extrême réticence au courage et à la confiance ».

 

4. Le programme Des voix contre la violence chez les garçons et les filles a une grande incidence dans notre Organisation :

« Les filles et les garçons n’ont pas l’habitude d’être informés tous ensemble sur de tels sujets. Lors d’une session que j’ai dirigé, j’ai travaillé avec un garçon qui, au début de la journée, a dit que si une fille portait une jupe courte elle provoquait les garçons. Quand il a dit cela, aucune fille ne l’a contredit. Au fur et à mesure du déroulement des sessions, ce garçon a été capable de discuter avec les filles et a compris leurs points de vue. Il a commencé à relier leurs expériences à celles de sa mère et de sa sœur. Plus tard dans la journée, une fille s’est levée et lui a demandé “Comment tu te sentirais ? Le monde est le mien et le tien – tu peux circuler où tu veux mais il y a un couvre-feu parce que les rues ne sont pas sûres pour les filles”. Au terme de la session, il avait vraiment changé. Il a entendu ce que les filles ressentaient et était capable de réellement comprendre ce que vivaient les autres personnes. Grâce à ces sessions, les garçons écoutent les filles, ils les entendent parler de leurs expériences et ils commencent à remettre en question leurs propres préjugés ».

 

5. Cela a eu un effet transformateur, pour moi, pour les jeunes et pour les Scouts et Guides de Bharat !

« Des voix contre la violence a véritablement changé ma vie ! Ce programme m’a donné la force de prendre la parole et d’assurer que ma voix soit entendue au sein de mon organisation. J’ai travaillé avec d’autres jeunes pour incorporer ce programme dans notre Organisation, ce qui a permis de montrer la valeur et l’importance des jeunes. Nous avons montré notre passion et notre énergie – pour apporter un changement, pour influencer et pour diriger. Tout en montrant la valeur de la participation des jeunes, Stop à la violence a permis à notre organisation d’atteindre de nouvelles personnes. Nous sommes la plus grande organisation de jeunesse en Inde, et avec des programmes tels que celui-ci, nous devenons de plus en plus pertinents pour les adolescents – Des voix contre la violence est exactement ce dont cette tranche d’âge a besoin. 

Nous avons déjà fait beaucoup, mais nous voulons réaliser encore bien plus. Nous aspirons à ce que le programme devienne indissociable de ce que nous faisons. Nous voulons engager des discussions avec le gouvernement d’Inde pour que Des voix contre la violence fasse partie intégrante du programme éducatif de tous les enfants. Si l’éducation aux questions de genre était intégrée au programme scolaire, nous pourrions réellement changer le cours de l’histoire dans le pays.

«  Les filles disposent déjà de tous les outils nécessaires, mais pour faire changer les choses, elles ont besoin d’être soutenues et entendues. Pour changer le monde, les femmes et les filles doivent être entendues par les membres de leur famille en premier lieu, ensuite par leur communauté, leur institution et le monde entier. Les filles ont des choses très importantes à dire. Elles peuvent résoudre tous les problèmes. Je pense réellement qu’elles ont le pouvoir, nous devons donc tous les écouter”.

 

 

Partager cette page