16 Jours d’activisme : La violence a un impact sur la manière dont nous nous habillons, dont nous nous comportons et là où nous allons.

Angela, 20 ans, leader guide, Afrique du Sud

L’impact de la violence et la peur de la violence sur les filles et les femmes en Afrique du Sud ont influencé la manière dont nous nous habillons, dont nous nous comportons lorsque nous sortons et avec qui nous sortons. Cela affecte même des choses très simples comme se rendre aux toilettes. Personnellement, je n’aime pas montrer trop de mon corps par peur d’attirer l’attention sur moi. Je ne me promène pas de nuit, et je n’irais jamais toute seule dans des toilettes publiques.  

Je connais de nombreuses filles qui ont été victimes d’agressions sexuelles ou d’actes de maltraitance à un jeune âge. Parce que ces questions concernent tellement de filles et de jeunes femmes, la peur de la  violence est constante. Cela conduit à des réflexions du genre, “que faire si on me suit” et “que faire s’il ne m’écoute pas quand je lui dis non”. Cette peur retient les personnes et les entrave. Cela m’a conduit par exemple à me fondre dans la foule, de sorte à ne pas attirer l’attention de quiconque sur moi.

Violence sur les campus

Quand on n’a pas directement subi la violence dans les fréquentations, il peut être facile pour une jeune femme en Afrique du Sud de se sentir à l’aise et d’ignorer l’ampleur du problème.    

Pendant ma première année à l’université Rhodes, j’ai vraiment ouvert les yeux ! Des manifestations à grande échelle contre la culture du viol ont été organisées, suscitant des débats et des discussions dans tout le pays. Bien que je sache à quel point les campus peuvent présenter de l’insécurité pour les femmes, je n’avais pas pleinement compris la gravité de ces questions jusqu'à la tenue des manifestations. Depuis ces manifestations, je suis devenue de plus en plus consciente de la ‘violence subtile’ – comme ces sifflets constants qui vous procurent un sentiment d’insécurité. 

16 Days of Activism - Angela - South Africa

S’exprimer pour mettre fin à la violence

Ma participation à la formation Voix contre la violence de l’Association mondiale des Guides et des Eclaireuses m’a ouvert les yeux sur l’ampleur du problème, et sur les effets néfastes de la violence et de la peur de la violence  sur les filles et les femmes. Voix contre la violence est un programme d’éducation non formelle qui habilite les filles et les jeunes femmes et leur permet de comprendre et de faire valoir leurs droits – et les aide pour pouvoir reconnaître la violence et cultiver des relations saines. 

Je suis leader bénévole auprès d’un groupe de guides pour les filles âgées de 10 à 14 ans à Boksburg, Afrique du Sud. Je souhaite aider les filles de mon groupe à comprendre les problèmes liés à la violence. Je veux qu’elles se sentent en sécurité et libres d’être elles-mêmes. Réaliser les séances du programme Voix contre la violence avec elles sessions constitue un aspect important de cette démarche.   

Lutter contre la violence dans les fréquentations 

Parallèlement à ce programme, les Guides d’Afrique du Sud commencent à travailler pour sensibiliser l’opinion à la violence dans les fréquentations dans tout le pays. La violence dans les fréquentations est une problématique vraiment importante en Afrique du Sud parce que souvent les femmes ne savent pas où se situe la limite entre la loyauté et rester avec une personne toxique. 

Ce problème important a été ignoré. Parler de la violence dans les fréquentations peut sembler tabou, ce qui conduit les victimes à être réduites au silence de par la peur ressentie – à la fois par peur de leurs partenaires et la peur de ne pas être crues par les autres.

Blâmer la victime est un problème majeur dans notre société. Souvent, on demande aux femmes ce qu’elles ont fait pour susciter la violence au lieu de remettre en question la personne qui les a traitées de la sorte. Les femmes ont souvent le sentiment que la violence qu’elles subissent est de leur faute. 

Etre la cible de la violence n’est jamais la faute d’une fille  

Je veux que les femmes prennent conscience que la violence n’est jamais de leur faute, peu importe ce qu’elles portent ou la manière dont elles agissent. Elles ne doivent rien à personne. 

En Afrique du Sud, nous observons des personnes qui manipulent et qui contraignent des femmes les forçant à se trouver dans des situations où elles préféreraient ne pas être, ou qui profitent de femmes qui sont en état d’ébriété ou voire même droguées. La société incite les femmes à se sentir coupables en leur disant que si elles avaient fait les choses différemment, ceci aurait pu être évité.   

Je veux que chaque femme sache que ceci n’est pas vrai. Elles ne sont pas responsables de la violence en dépit de ce que les gens disent. 


Pour en savoir plus sur la manière dont l’Association mondiale des Guides et des Eclaireuses œuvre à l’élimination de la violence à l’égard des filles et des femmes, allez consulter : https://www.wagggs.org/en/what-we-do/stop-the-violence/16-days-activism/

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